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par LUGLIA Mathieu

En tant que Chargé de Recherche CNRS, je m’intéresse actuellement aux dépôts terrestres de résidus de bauxite issus des activités sidérurgiques passées et actuelles d’extraction de l’alumine en Provence. Conséquence directe de ces activités, un certain nombre de crassiers et de bassins de stockage de résidus de bauxite ont été édifiés et sont à l’origine de nombreux questionnements de la part de la société civile et de la communauté scientifique, en particulier concernant leurs impacts environnementaux.
En réponse, trois projets de recherche sont développés et dont j’ai en charge l’animation : projets DORIS et REDMUD1 LabEx DRIIHM/OHM-BMP INEE CNRS 2015-17, projet REDMUD2 EC2CO Ecodyn et Microbien INSU CNRS 2017-18.
Les objectifs sont d’étudier l’impact des dépôts terrestres de boues rouges sur la qualité physico-chimique et biologique des sols, de déterminer les réponses fonctionnelles et la structuration des composantes pédo-biologiques et leurs incidences sur le fonctionnement de ces pédosystèmes (Figure).

À cette fin, différentes tâches sont développées :

  1. définir une typologie des différents dépôts et résidus de bauxite, reposant sur la détermination de leurs principales caractéristiques biogéochimiques et biologiques ;
  2. établir un diagnostic de leur toxicité potentielle ;
  3. évaluer les effets sur les réponses et la structuration des composantes pédo-biologiques ;
  4. envisager des solutions de valorisation des dépôts en place et préconiser des mesures de gestion des dépôts en cours et à venir (bioremédiation, biostimulation, bioaugmentation, végétalisation).

Au cours de ces travaux, je développe en particulier deux approches complémentaires :

  1. une approche verticale et horizontale (carotte, profil, transect) in situ à l’échelle des crassiers, permettant d’établir une typologie des sols développés en présence de boues rouges ;
  2. une approche expérimentale en conditions contrôlées (bioessai, mésocosme, rhizotron, lysimètre) et in natura (parcelle pilote), afin d’explorer l’écotoxicité des résidus et de mieux comprendre les processus interactifs entre les boues rouges et les composantes biologiques des sols.