L’archipel des refuges glaciaires cryptiques d’arbres boréo-montagnards

Conférence de Christopher Carcaillet
Directeur d’Études, École Pratique des Hautes Études, Paris Sciences Lettres Université

Mardi 11/12/2018 à 13 h 30, salle 205 (Bâtiment Cerege), Arbois


Résumé
Les trente dernières années ont vu fleurir ça et là, puis de manière plus soutenue depuis moins de dix ans, des preuves dispersées et diverses de présences isolées d’espèces d’arbres ayant survécu pendant des moments glaciaires du Pléistocène supérieur jusqu’à l’extrême fin du Pléniglaciaire dans les montagnes tempérées mais surtout dans les régions nordiques actuellement sous bioclimat boréal. Ces preuves subfossiles proviennent de gigarestes (troncs), de macrorestes (graines, fructifications, feuilles, etc.), de charbon de bois, de traces d’ADN, dans des sédiments lacustres, tourbeux, torrentiels ou travertineux ; dans tous les cas, ces sont des archives qui interrogent sur les méthodes d’investigations paléoécologiques à privilégier pour les révéler, et sur le concept de refuges climatique pour des plantes ligneuses sous les conditions du dernier cycle glaciaire.
Ultimement, ces découvertes dérangeantes posent des problèmes mécanistes pour concevoir la production ligneuse au vu des connaissances actuelles sur la physiologie des arbres. Enfin, ces refuges nous questionnent sur leurs fonctions phylogéographiques quant à l’émergence de lignées génétiques originales et leur existence jusqu’à nos jours. Le séminaire s’attardera sur les preuves de deux oasis glaciaires au cœur des Alpes françaises du sud ayant permis la préservation d’arbres subalpins et d’occurrences de feux de végétation.

Lieu
salle 205 (séminaire) du CEREGE
Technopôle Environnement Arbois-Méditerranée
BP 80,
13545 Aix-en-Provence, cedex 04, France