Restaurer ou ré-ensauvager les écosystèmes ? Le cas des pelouses sèches du Causse Méjean (Lozère, France)

Offre de Contrat Doctoral - ED 536 SAS – Université d’Avignon, Année 2021 - 2024

Laboratoires et partenaire : CNRS-IMBE, Association Takh
Nom et qualité des responsables du stage :, Thierry Dutoit (Directeur de recherche CNRS-IMBE), Elise Buisson (MCF HDR Univ. Avignon) et Laurent Tatin (Responsable scientifique Association Takh)


Spécialités : Ecologie du paysage, des peuplements et communautés, dynamique des populations et éthologie

Titre :
Restaurer ou ré-ensauvager les écosystèmes ? Le cas des pelouses sèches du Causse Méjean (Lozère, France)

Contexte et objectif du sujet de thèse :
Depuis une dizaine d’années, de nombreuses méta-analyses menées à l’échelle mondiale à partir de retours d’opérations de restauration écologique ont démontré notre incapacité à restaurer l’intégralité de la biodiversité et des fonctions des écosystèmes qui préexistaient avant leur dégradation. Ces résultats s’expliquent notamment par le manque de connaissances scientifiques et techniques permettant de restaurer l’intégralité des milliers d’années d’interactions entre organismes biologiques et leur habitat. Enfin, les changements globaux actuels, qu’ils soient climatiques ou d’usages, ne permettent plus d’envisager la restauration d’écosystèmes à l’image d’une carte postale ancienne figée dans le temps. Face à ce constat, de nouveaux concepts ont émergé qui visent notamment à remplacer la restauration active d’écosystèmes historiques par la restauration passive ou encore le ré-ensauvagement des espaces après arrêt des causes anthropiques de leur dégradation. Si la restauration passive consiste à laisser évoluer librement les écosystèmes après arrêt de la dégradation sous l’effet des interactions biologiques des organismes présents sans aucune intervention de gestion ; le ré-ensauvagement, consiste en plus, à réintroduire des espèces clés disparues (notamment des grands herbivores) dans l’objectif d’accélérer la restauration de la naturalité potentielle de ces écosystèmes. Un peu partout en Europe se sont donc multipliés des projets de ré-ensauvagement impliquant la réintroduction de grands herbivores sans pour autant que le succès de ces opérations sur la biodiversité, fonctionnalité et naturalité des écosystèmes n’ait été mesuré scientifiquement avec suffisamment de recul. Il n’y a notamment pas de comparaison disponible entre les résultats obtenus avec les systèmes classiques de restauration ou de conservation active impliquant la remise en place de systèmes agricoles traditionnels (systèmes de fauche, pastoralisme, etc.). Les objectifs de cette thèse seront donc de comparer les impacts du ré-ensauvagement et de la restauration/conservation active des écosystèmes de pelouses sèches européennes car ils constituent des points chauds de biodiversité fortement menacés. Outre le travail de synthèse bibliographique internationale sur ce sujet, des expérimentations concrètes seront possibles en France grâce à la l’opportunité de collaboration avec l’association Takh. En 1993, elle a introduit à des fins de conservation une population de chevaux de Przewalski (Equus ferus przewalskii) sur le causse Méjean, en Lozère, dans le Parc National des Cévennes. La démographie de cette population fluctue au fil des opérations de translocations et compte aujourd’hui trente individus. Ainsi des comparaisons pourront être faites concernant l’impact de cette introduction sur la végétation et son entomofaune associée après 30 années avec d’autres systèmes de restauration/conservation mis en place sur le Causse Méjean (gestion par des troupeaux d’ovins, d’équins domestiques, abandon, etc.). Les expérimentations mises en place seront emboitées du niveau des paysages à celui des communautés végétales et des peuplements d’insectes et seront menées au niveau international en partenariat avec des équipes allemandes et hongroises qui travailleront dans le cadre du dépôt d’une ANR Biodiversita fin 2021. L’association Takh apportera son expertise et ses connaissances sur tous les aspects portant sur la dynamique des troupeaux de chevaux sauvages introduits sur le site du Villaret dans le Causse Méjean.

Profil recherché :
Niveau d’études : Bac+5
Formations recommandées : Sciences écologiques et environnementales, biologie de la conservation, écologie du paysage (SIG), écologie des communautés végétales et/ou de l’entomofaune, éthologie.
Compétences :

  • Connaissances indispensables en botanique et écologie des communautés végétales et/ou entomofaune.
  • Intérêt indispensable pour les systèmes agro-pastoraux, les sciences de la conservation, les problématiques de préservation des espaces naturels et l’écologie de terrain.
  • Maitrise de logiciels bibliographiques (Zotero) et de traitements de données (R) ainsi que d’un SIG.
  • Capacités rédactionnelles et d’expression (maîtrise de l’anglais) et de synthèse
  • Rigueur, capacités d’initiative, aptitude au travail en équipe

Caractéristiques du contrat :
Durée : 3 ans
Contrat : Contrat Doctoral ED 536 SAS « Sciences et Agrosciences », université d’Avignon et financement association Takh pour le fonctionnement (déplacements, matériels, etc.)
Période du contrat : De novembre 2021 à octobre 2024

Modalités des candidatures :
Merci de faire parvenir un CV, une lettre de motivation, des lettres de recommandations et les résultats du Master 1 et 2 par mail à thierry.dutoit-at-imbe.fr avant le 11/05/2021.
Audition des deux ou trois candidats retenus sur dossier le 10 ou 11 juin 2021


Télécharger l’offre de thèse complète au format .pdf