Pourquoi intégrer les perceptions locales dans la gestion des mammifères introduits sur les îles ?

Les mammifères introduits sur les îles sont souvent considérés comme des facteurs majeurs de perte de biodiversité et de perturbation des écosystèmes. Leur éradication constitue ainsi une stratégie largement privilégiée dans les programmes de conservation. Mais que se passe-t-il lorsque ces animaux ont aussi une valeur pour les populations locales ?

Dans certaines îles, des mammifères introduits peuvent représenter une ressource alimentaire, une source de revenus ou avoir une valeur culturelle. Au fil du temps, ils peuvent également devenir familiers et être perçus comme faisant partie de l’environnement local, voire comme des espèces « natives ».

Dans un article publié dans Current Opinion in Environmental Sustainability, Pauline Palmas et ses collaborateurs proposent de repenser la gestion des mammifères introduits en intégrant davantage les dimensions écologiques, sociales, culturelles et économiques.

Les auteurs défendent notamment des approches participatives et interculturelles, permettant de croiser les connaissances scientifiques avec les savoirs et les pratiques des communautés locales. L’objectif est de construire des stratégies de gestion adaptées aux contextes insulaires et acceptables pour les populations concernées.

Cette approche permettrait de dépasser une vision centrée uniquement sur l’éradication et de rechercher un meilleur équilibre entre préservation de la biodiversité, bien-être des populations et durabilité à long terme.

Prendre en compte les différentes façons dont les espèces introduites sont perçues et utilisées pourrait ainsi contribuer à construire des stratégies de gestion plus adaptées aux réalités des territoires insulaires.

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