A la recherche de l’origine des hydres d’eau douce antillaises – Retour mission au Sénégal – 2025.

En 2019, dans le cadre d’une mission de 2 mois financée par l’IRD, Hervé Macarie (équipe SANTES-IMBE), accompagné du Professeur Daniel Martinez (Pomona College, USA), a montré pour la première fois que les hydres d’eau douce, petits cnidaires, étaient ubiquistes en Guadeloupe et Martinique, et retrouvées dans 50 % des points d’eau prospectés (rivières et étangs). Cette découverte était inattendue, car ces organismes inféodés à l’eau douce ne traversent pas naturellement les étendues d’eau salée.

Ce résultat a renforcé la pertinence de l’utilisation de l’hydre comme modèle pour étudier l’impact du chlordécone, insecticide responsable d’une crise environnementale et sanitaire aux Antilles. L’analyse génomique des hydres antillaises a révélé deux groupes distincts : un proche des hydres d’Amérique et un second qui pourrait être lié aux populations d’hydres africaines,  l’hypothèse étant que ce second groupe pourrait avoir été introduit par l’homme depuis l’Afrique lors de la traite des esclaves. 

Pour tester cette hypothèse, un financement de l’AOI mission au Sud de l’IMBE a permis à Hervé Macarie de se rendre au Sénégal en 2025, accompagné d’Hervé Jourdan (équipe POPCO) et de Mamadou Sylla Barry. Sur 2560 km de prospection, ils ont exploré le fleuve Sénégal, le lac de Guiers, le fleuve Gambie et plusieurs points d’eau autour de Dakar. Aucune hydre n’a été trouvée, suggérant une densité très faible dans les milieux prospectés, avec des facteurs défavorables tels que l’eau saumâtre ou trop chaude.

Cette recherche ouvre la voie pour mieux comprendre la biogéographie et l’histoire des hydres antillaises, ainsi que leur rôle dans les écosystèmes insulaires.

Prochaine étape : poursuivre l’exploration en Afrique pour lever le voile sur l’histoire méconnue de ces micro‑habitants des eaux douces. Nous vous tiendrons au courant des avancées!