Quand les paysages et l’altitude façonnent l’équilibre des oiseaux migrateurs et sédentaires

Pourquoi certaines montagnes accueillent-elles davantage d’oiseaux migrateurs, tandis que d’autres favorisent les espèces sédentaires ?

Une nouvelle étude, publiée dans Journal of Biogeography, révèle que la réponse se trouve dans l’interaction entre l’altitude, la structure du paysage et la richesse en espèces.

En analysant les communautés d’oiseaux nicheurs le long d’un gradient altitudinal de 4000 mètres dans le Sud-Est de la France, Charlotte Rault (bénéficiant d’une bourse doctorale de la région Sud-PACA), Yoann Le Bagousse-PinguetAgathe Leriche et Alexandre Millon (Equipe POPCO-IMBE), en collaboration avec Amine Flitti et Catherine Godefroid de la LPO PACA, montrent que l’équilibre entre migrateurs et sédentaires repose sur des interactions complexes entre facteurs environnementaux et écologiques.

  • La communauté régionale est composée de 225 espèces nicheuses, dont 34% de migratrices au long cours.
  • À basse altitude, des paysages moins diversifiés favorisent la présence d’espèces migratrices.
  • La forêt joue un rôle contrasté : elle réduit la proportion de migrateurs en plaine, mais l’augmente en altitude.
  • Fait intéressant, les communautés les plus riches en espèces — au-delà d’~117 espèces, notamment aux basses altitudes — accueillent davantage de migrateurs qu’attendu. Le décalage phénologique des espèces migratrices avec les espèces sédentaires pourrait réduire la compétition pour les ressources et permettre ainsi une richesse spécifique plus élevée.

 

Ces résultats mettent en lumière la complexité des mécanismes qui structurent les communautés d’oiseaux et soulignent l’importance de considérer conjointement altitude, paysages et biodiversité. Ils apportent des clés précieuses pour mieux anticiper les effets des changements environnementaux et orienter les stratégies de conservation dans un contexte de transformation rapide des territoires.