Les pratiques de pâturage façonnent les populations et communautés végétales des prairies semi-naturelles, et la conservation de ces écosystèmes repose sur le maintien de systèmes de pâturage extensifs traditionnels, en place depuis des siècles, voire des millénaires.
Cependant, les changements de pratiques liés au climat et à des facteurs socio économiques peuvent provoquer une perte de biodiversité, des modifications de la végétation, une dégradation des sols et une diminution des services écosystémiques.
Cette étude publié par Christel Vidaller et Thierry Dutoit dans Agriculture, Ecosystems & Environment a analysé les effets à moyen terme (3 à 16 ans) de deux méthodes de pâturage ovin dans le sud de la France : le pâturage traditionnel millénaire avec bergers et chiens, et le pâturage récent en enclos, apparu au début du XXIᵉ siècle. Sur six sites jumelés et trois années d’observations, la végétation, les données mésologiques et les traits des plantes ont été étudiés.
Si les cinq zones végétales créées par le pâturage traditionnel restent visibles, le pâturage en enclos a entraîné une homogénéisation à moyen terme des communautés végétales, marquée par l’expansion d’espèces xéro-mésophiles et la disparition du gradient historique d’intensité de pâturage._
Ces résultats montrent les impacts écologiques des changements de pâturage sur la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et la préservation à long terme des prairies patrimoniales, et fournissent des indications pour des stratégies de restauration
durables et adaptatives face aux changements environnementaux et socio-économiques.