Les grottes sous-marines du Cap-Vert révèlent une diversité cachée d’éponges

Le caractère insulaire et l’origine volcanique de l’archipel du Cap-Vert favorisent la formation de grottes sous-marines, habitats privilégiés des éponges de la classe des Homoscleromorpha. Jusqu’à récemment, la biodiversité de ces organismes dans l’Atlantique Est tropical était très mal connue.

La campagne océanographique DISCOVER (coord. C. Fauvelot, T. Pérez, L. Bramanti) avait pour objectif de combler ces lacunes. L’exploration ciblée des grottes sous-marines a mis en évidence une faune particulièrement riche, incluant de nombreuses espèces nouvelles pour la science.

Dans un article publié dans le Zoological Journal of the Linnean Society, une équipe internationale (Clément Cabioch, César Ruiz, Marie Grenier, Alexander Ereskovsky, Fernando Moraes, Cécile Fauvelot et Thierry Pérez) met en lumière, grâce à une approche de taxonomie intégrative (morphologie, histologie/cytologie et génétique), une diversité insoupçonnée d’Homoscleromorpha au Cap-Vert.

Les auteurs décrivent un nouveau genre et cinq nouvelles espèces, toutes inféodées aux grottes obscures, et parfois associées à des faciès très particuliers :

  • Oscarella antea sp. nov.
  • Aspiculina malanoba gen. nov. sp. nov.
  • Plakinastrella fauvelotae sp. nov.
  • Plakinastrella freitasi sp. nov.
  • Plakinastrella cachupa sp. nov.

 

La dernière espèce a été identifiée à partir de spécimens historiques conservés au Musée Naturalis (Leiden), initialement attribués par erreur à P. simplex et P. monolopha. Ces résultats remettent ainsi en question la présence de ces espèces au Cap-Vert.

Au-delà de ces découvertes, cette étude souligne l’importance de la taxonomie intégrative pour révéler la diversité réelle des éponges et mieux comprendre leur histoire évolutive.