En Europe, où l’élevage a largement remplacé les ongulés sauvages au fil des siècles, les communautés de bousiers sont devenues fortement dépendantes des pratiques d’élevage d’herbivores domestiques. Elles pourraient ainsi constituer de bons indicateurs des impacts de la réintroduction de grands herbivores dans les écosystèmes.
Dans une étude menée sur trois pelouses sèches du Causse Méjean (sud de la France), les chercheurs ont comparé les communautés de bousiers et le taux de disparition des excréments dans des systèmes pâturés par trois types d’herbivores : une population de chevaux de Przewalski gérée par sélection naturelle, un troupeau de moutons et un troupeau de chevaux d’endurance.
Les résultats montrent des différences significatives dans la composition des excréments selon les herbivores, mais une communauté de bousiers globalement similaire entre les sites. Toutefois, la structure de cette communauté varie : les bousiers fouisseurs dominent partout, tandis que les bousiers roulants sont plus abondants dans les systèmes d’élevage domestique, et les bousiers sédentaires deviennent plus représentés dans les pâturages de chevaux de Przewalski.
Ces différences pourraient expliquer notamment une décomposition plus rapide des crottes de moutons par rapport aux crottins de cheval. Elles soulignent également le rôle étroitement lié entre l’histoire du pastoralisme ovin et la dynamique des communautés de bousiers dans les prairies semi-naturelles européennes.
Cette étude, publiée dans Journal of Environmental Management par Clémentine Mutillod, William Perrin, Élise Buisson, Laurent Tatin, François Mesléard, Pierre Jay-Robert et Thierry Dutoit, met en lumière l’importance des bousiers comme indicateurs écologiques des systèmes de pâturage.