Les synthèses scientifiques permettent aujourd’hui de réunir des données produites dans différents pays pour répondre à des questions à l’échelle mondiale.
Encore faut-il que ces données, parfois collectées il y a plusieurs années, restent accessibles et puissent être réutilisées.
Une étude publiée le 24 août 2026 dans PNAS en est un bel exemple.
Elle rassemble des données sur 742 espèces végétales provenant de 24 études menées sur six continents.
L’objectif était de comparer les caractéristiques des plantes des prairies anciennes et des prairies qui se sont développées suite de la perturbation d’une prairie ancienne (cultures, remaniements du sol, etc.).
Thierry Dutoit et Elise Buisson, de l’IMBE, ont contribué à cette étude grâce aux données collectées par cinq de leurs doctorants. Ces données représentent plus de 20 % des données utilisées dans cette synthèse mondiale.
Les résultats montrent que les plantes des prairies secondaires sont généralement plus grandes et possèdent des feuilles plus riches en azote, avec une surface foliaire plus importante. Elles sont ainsi davantage adaptées à une croissance rapide et à l’acquisition des ressources. À l’inverse, les plantes des prairies anciennes sont davantage adaptées à la conservation des ressources.
Fait remarquable, ces différences peuvent persister pendant plus d’un siècle après la destruction des prairies anciennes. Elles pourraient notamment modifier durablement le fonctionnement des écosystèmes et accélérer le cycle des nutriments.
Ces résultats soulignent l’importance de préserver les prairies anciennes et apportent des pistes pour restaurer leur biodiversité.
L’étude montre également l’importance de conserver les données produites au cours des recherches.
Mais conserver les données ne suffit pas toujours : maintenir les liens entre doctorants et encadrants est également essentiel.
Ces échanges permettent de mieux comprendre d’anciennes données et de retrouver des informations qui ne sont pas toujours présentes dans les bases de données.
Cette étude illustre ainsi comment des données collectées localement peuvent, plusieurs années après, contribuer à une recherche scientifique menée à l’échelle mondiale.