Viticulture et santé des sols : vers des alternatives au cuivre ?

Viticulture et santé des sols : vers des alternatives au cuivre ?

L’industrie du vin représente un secteur agricole socio-économique majeur à l’échelle internationale. Pourtant, la culture de la vigne (Vitis vinifera) repose encore largement sur l’utilisation de pesticides, notamment le sulfate de cuivre contenu dans la célèbre bouillie bordelaise, utilisée comme fongicide. Si ce produit protège efficacement les vignes contre certaines maladies, il peut également affecter des organismes du sol essentiels au bon fonctionnement des agroécosystèmes.

Une étude récente de Flor Regus, Céline Pelosi, Rayhane Hamrouni, Isabelle Laffont Schwob, Nawal Rochdi, Pascale Prudent, Lisa Foli, Yoan Labrousse et Anne-Marie Farnet Da Silva, publiée dans Biological Agriculture & Horticulture, explore une alternative
prometteuse : le biocontrôle à base de Trichoderma asperellum, un micro-organisme capable de produire des composés antifongiques.

Les auteurs ont comparé les effets sur un sol viticole du sulfate de cuivre, d’un cocktail de biocontrôle, et de leur combinaison, en suivant pendant 30 jours l’activité microbienne du sol et certains marqueurs du ver de terre Aporrectodea caliginosa (biomasse, reproduction).

Les résultats montrent que le biocontrôle n’a aucun effet délétère et peut même stimuler l’activité microbienne et la croissance des vers de terre. À l’inverse, le sulfate de cuivre réduit la biomasse microbienne et affecte la reproduction des vers de terre.

Les solutions de biocontrôle pourraient ainsi représenter une voie prometteuse pour concilier protection des cultures et santé des sols.