Le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a entraîné en 2022 une forte mortalité chez les fous de Bassan de la colonie de Rouzic (France), avec un déclin de 38 % de la population reproductrice. Parmi les survivants, 22,3 % présentaient des yeux noircis (figure c ci-dessus), signe d’une infection passée.
Cet article de Aurore Ponchon et collaborateurs, publié dans Biological Conservation, montre que ces individus ne présentent pas de différences notables dans leur comportement d’alimentation. En revanche, la diminution du nombre d’oiseaux s’accompagne d’un effort de recherche alimentaire réduit et d’un succès reproducteur accru, conformément à l’hypothèse du halo d’Ashmole : lorsque les colonies sont moins denses, la compétition pour la nourriture autour du site de reproduction diminue, permettant aux oiseaux de se nourrir plus près et plus efficacement.
Ces résultats soulignent l’importance des mécanismes dépendants de la densité après des mortalités massives, tout en alertant sur les risques à long terme pour des populations déjà fragilisées.