Yellow fever disrupts the movements of an endangered primate

Les maladies infectieuses émergent aujourd’hui plus fréquemment, en lien avec la perte de biodiversité et le changement climatique. Elles représentent une menace importante pour la faune sauvage comme pour les populations humaines, mais leurs effets restent souvent difficiles à anticiper.

Chez les espèces sociales, comme les primates, la transmission des maladies est fortement facilitée par les interactions entre individus vivant en groupe. Mais ces infections ne se limitent pas à la propagation d’un agent pathogène : elles peuvent aussi modifier en profondeur les comportements, les déplacements et l’organisation sociale des populations.

Dans cet article, publié dans Journal of Animal Ecology, Aurore Ponchon, Rémi Choquet, Andreia F. Martins, Carlos Ruiz-Miranda, Cécile H. Albert and Valeria Romano, explorent ces dynamiques à travers le cas de la fièvre jaune chez les primates au Brésil, et en particulier du tamarin lion doré (Leontopithecus rosalia), une espèce emblématique et menacée.

Les résultats montrent qu’un épisode épidémique peut non seulement affecter la survie des individus, mais aussi modifier leurs comportements de dispersion et leurs déplacements dans un paysage forestier très fragmenté. Ces changements ont des conséquences importantes sur la dynamique des populations et soulignent l’importance de mieux comprendre les liens entre maladies, comportements et conservation des espèces.